abrégé

abrégé [ abreʒe ] n. m.
• 1305; de abréger
1Littér. Représentation en petit. raccourci, réduction. « La naine, un abrégé des merveilles des cieux » (Molière).
2Spécialt Discours ou écrit réduit aux points essentiels. résumé; digest; compendium, épitomé. L'abrégé d'une conférence, d'un livre. Par ext. Petit ouvrage présentant le résumé d'une connaissance, d'une technique. 2. précis. Un abrégé de grammaire.
3Loc. adv., loc. adj. EN ABRÉGÉ : en raccourci, avec très peu de signes, de mots; en résumé, en passant sur les détails. Mot en abrégé. abréviation. Écrire en abrégé (cf. Style télégraphique) . « Voici, très en abrégé, un spécimen de ma polémique » (Chateaubriand).
⊗ CONTR. Amplification. Grand (en); détail (en).

abrégé nom masculin (de abréger) Forme réduite d'un texte plus long : C'est un long abrégé de mon ouvrage. Ouvrage contenant le résumé d'une science, d'un livre d'études ; précis, sommaire : Un abrégé de géométrie. Partie de la mécanique d'un orgue qui met en communication les touches des claviers et les soupapes des sommiers. Partie de la mécanique utilisée dans les beffrois supportant un carillon. ● abrégé (expressions) nom masculin (de abréger) En abrégé, en peu de mots ; sommairement, en résumé ; en employant des abréviations. ● abrégé (synonymes) nom masculin (de abréger) Forme réduite d'un texte plus long
Synonymes :
- aperçu
- résumé
Contraires :
- délayage
- développement
Ouvrage contenant le résumé d'une science, d'un livre d'études ; précis...
Synonymes :
- condensé
- précis
- résumé
En abrégé
Synonymes :
- en fin de compte
- en un mot

abrégé
n. m.
d1./d Discours, écrit réduit à l'essentiel. L'abrégé d'un récit.
|| Petit ouvrage exposant succinctement une science, une technique. Syn. mémento.
d2./d Loc. adv. En abrégé: en peu de mots, sommairement. Noter en abrégé.
d3./d Litt. Représentation sous une forme réduite. Un jardin anglais, abrégé de la nature.

⇒ABRÉGÉ, ÉE, part. passé, adj., loc. adv. et subst.
A.— Part. passé. de abréger.
B.— Emploi adj. et adv.
1. [En parlant de lieux ou d'espaces de temps n'ayant pas la dimension souhaitée] Diminué, rapetissé :
1. Les miroirs par les jours abrégés des décembres,
Songent — telles des eaux captives — dans les chambres,
Et leur mélancolie a pour causes lointaines
Tant de visages doux fanés dans ces fontaines
Qui s'y voyaient naguère, embellis du sourire!
G. RODENBACH, Le Règne du silence, 1891, p. 191.
2. C'est ainsi que le citoyen Remacle, concierge-tailleur, nichait dans un entresol fort abrégé en hauteur comme en largeur, où on le voyait par la porte vitrée, les jambes croisées sur son établi et la nuque au plancher, cousant un uniforme de garde national ...
A. FRANCE, Les Dieux ont soif, 1912, p. 10.
2. [En parlant de formes d'expr. écrite ou orale] Dense, ramassé :
3. Que les règles des élections, que les formes des délibérations soient aussi simples, aussi abrégées qu'il est possible ...
M. ROBESPIERRE, Discours, Sur la constitution, 1793, p. 507.
4. Ils ignoraient l'usage de ces instruments, de ces leviers qui centuplent les forces de la pensée en les ménageant; ils n'avaient pas trouvé l'art de renfermer dans des formules abrégées les résultats des plus longues déductions ...
MAINE DE BIRAN, De l'Influence de l'habitude sur la faculté de penser, 1803, p. 190.
5. D'après ces considérations que l'on a pu trouver longues, quoiqu'elles soient bien sommaires, et peut-être précisément parce qu'elles sont trop abrégées, je crois que l'on peut représenter l'Ouvrage dont il s'agit par le tableau suivant.
A.-L.-C. DESTUTT DE TRACY, Éléments d'idéologie, Logique, 1805, p. 519.
3. Loc. adv. En abrégé. En peu de mots :
6. La mort de Mme Talma m'avait jeté dans un tel abattement qu'à dater de ce jour mon journal où j'avais retracé tous les détails de sa maladie et jugé quelquefois sévèrement son caractère me devint insupportable; cependant, ne voulant pas l'interrompre complètement, j'imaginai de ne l'écrire que fort en abrégé et en grande partie en chiffres.
B. CONSTANT, Journal intime, mai 1805, p. 246.
7. Voilà, très en abrégé, et peut-être encore trop longuement, un specimen de ma polémique dans mes brochures et dans le Journal des débats :on y retrouve tous les principes que l'on proclame aujourd'hui.
F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 3, 1848, p. 272.
8. Et j'ai connu (...)
Les rendez-vous donnés au coin des carrefours;
(...)
Et les aveux furtifs que l'on est obligé,
Parce qu'on se sent vu, de faire en abrégé.
J. RICHEPIN, Les Caresses, 1877, p. 287.
Rem. BESCH. 1845, LITTRÉ, signalent en outre par abrégé avec le même sens.
C.— Emploi subst.
1. Représentation en raccourci :
[Du Monde] :
9. Étudiez (...)
(...) surtout les degrés (...)
Par qui l'instinct changeant de l'échelle vivante
Ou s'élève vers l'homme, ou descend vers la plante.
(...)
Que d'un lieu préparé l'étroite enceinte assemble
Les trois règnes rivaux, étonnés d'être ensemble.
Que chacun ait ici ses tiroirs, ses cartons;
Que, divisés par classe, et rangés par cantons,
Ils offrent de plaisir une source féconde,
L'extrait de la nature et l'abrégé du monde.
J. DELILLE, L'Homme des champs, 1800, p. 117.
10. Les écrivains mystiques dont j'ai parlé dans les chapitres précédents voient dans l'homme l'abrégé du monde, et dans le monde l'emblème des dogmes du christianisme.
G. DE STAËL, De l'Allemagne, t. 5, 1810, p. 159.
11. Parlez-moi d'un jardin anglais; là, rien ne se ressemble; là, tout est surprise : des vallons, des montagnes, des lacs, des rivières, voilà ce que vous trouvez dans les grands comme dans les petits. Un jardin anglais est un abrégé de la nature, une miniature de l'univers.
V. DE JOUY, L'Hermite de la Chaussée d'Antin, t. 5, 1814, p. 252.
12. ... lorsque (...) le dernier voile se lève et laisse contempler la Trinité divine, on aperçoit, dans ses profondeurs le Verbe éternel uni à la nature humaine. Celle-ci n'est donc plus seulement, comme disaient les anciens, un microcosme, un abrégé de l'univers : elle remplit l'univers même, elle le dépasse, et se perd dans l'infini.
F. OZANAM, Essai sur la philosophie de Dante, 1838, p. 268.
13. ... aussi y a-t-il, dans ce foyer de l'idée née de l'action, une concentration de tous les rayons épars et comme un abrégé du réel entier.
M. BLONDEL, L'Action, 1893, p. 291.
14. ... Salomon, dont il est écrit qu'il avait attentivement considéré la nature de tous les arbres, s'écrie quand il voit se dresser sur le Golgotha cette espèce nouvelle : Qu'il soit béni ce bois par qui se fait justice! Il est l'abrégé de toute la création, il est l'entrecroisement bienheureux de la nature avec la grâce, il prend ses racines au plus profond de l'aride et le branchage spirituel qui vient se greffer sur ce tronc atrocement raccourci répand de tous les côtés, le rafraîchissement et la vie.
P. CLAUDEL, Un Poète regarde la Croix, 1938, p. 136.
15. Ces livres, manuels à la mode, étaient, dans les provinces, des sortes d'encyclopédies du temps, des « abrégés du monde », bien utiles à un autodidacte, mais de pensée assez fade, et parfois médiocre.
J. GUÉHENNO, Jean-Jacques, En marge des « Confessions », préf. 1948, p. 93.
[D'une action complexe] :
16. ... si vous voulez vous rendre compte de la souveraine beauté que dégage une profession monastique, ce n'est pas celle de l'oblature qu'il faudrait voir; elle n'est qu'un abrégé, qu'un raccourci, qu'une dilution homœopathique de celle des moines ...
J.-K. HUYSMANS, L'Oblat, t. 2, 1903, p. 26.
Rem. On trouve gén. associés à abrégé des termes comme univers, monde, nature, création, ... Abrégé est en effet fréquemment explicité par des appos. paradigm. telles que extrait (de la nature) (ex. 9), miniature (de l'univers) (ex. 11), microcosme (ex. 12), que la loc. abrégé du monde (ex. 15) résume toutes. Les ex. 10 et 12 font allus. à une expr. proverbiale calquée sur le mot d'orig. gr. microcosme (« petit univers ») citée dans tous les dict.; cf. Ac. 1798 : ,,On dit, pour exprimer l'excellence de l'homme qu'il est un abrégé des merveilles de l'univers. C'est un monde en abrégé``. La réduction quantitative qu'implique l'abrégé entraîne qqf. une valorisation qualitative : un abrégé est aussi une concentration (ex. 13) ou un entrecroisement bienheureux (ex. 14) d'éléments épars; atteignant l'essentiel, il devient une devise (ex. 18), un code (ex. 25), un emblème (ex. 10), tend au symbole (ex. 19). La nuance péj. (ex. 16) est exceptionnelle.
2. Ouvrage présentant en (bon) raccourci ce que l'on sait du monde, d'une relig., d'un domaine précis du savoir ou de la techn. :
17. Quant à ceux qui n'ont pas acquis la grande édition, ils auront dans cet abrégé un extrait des principes du nouveau système d'explications, et un tableau assez détaillé des découvertes auxquelles il a conduit ...
Ch.-F. DUPUIS, Abrégé de l'origine de tous les cultes, préf. 1796, p. VI.
18. « ... tout ce qu'il y a sur la terre de réglé dépend de l'une ou de l'autre de ces volontés ». Idée vaste, mais incomplète, et qui ne rend pas l'étendue et la profondeur de ce passage de saint Paul qui est l'abrégé et comme la devise du christianisme : Instaurare omnia in Christo quae in coelis et quae in terra sunt.
L.-G.-A. DE BONALD, Législation primitive, t. 2, 1802, p. 191.
19. ... les piliers de la nef, par leur volume et leur gravité, reculent jusqu'à l'abbaye carlovingienne de Saint-Germain-des-Prés. On croirait qu'il y a six siècles entre cette porte et ces piliers. Il n'est pas jusqu'aux hermétiques qui ne trouvent dans les symboles du grand portail un abrégé satisfaisant de leur science, dont l'église de Saint-Jacques-de-la-Boucherie était un hiéroglyphe si complet.
V. HUGO, Notre-Dame de Paris, 1832, p. 132.
20. Le recueil des moralités qui commence à Confucius est un abrégé, des principes des religions. Il en faudrait faire un résumé et quatre pages suffiraient à ce que sait le monde.
A. DE VIGNY, Le Journal d'un poète, 1834, p. 1013.
21. Un courrier impromptu passant à la Croix pour Albi me fait penser à notre député qui, nous as-tu dit, se chargera volontiers de nos lettres. Celle-ci sera courte, un abrégé, un rien que je trace au galop en attendant Délern, notre messager.
E. DE GUÉRIN, Lettres, 1834, p. 63.
22. On ne peut guère juger de son genre de talent oratoire (si le mot est applicable à M. Singlin) d'après les cinq ou six volumes d'Instructions chrétiennes qu'on a publiées sous son nom : on n'y trouve que la substance réduite et l'abrégé des sermons que n'eurent peut-être jamais rien de plus particulièrement saillant ...
Ch.-A. SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 1, 1840, p. 472.
23. C'est cette conversation qu'il s'agit de retrouver et de faire revivre; et on le peut en quelque sorte, si l'on use bien des pensées nombreuses qui sont encore la parole vibrante de Pascal, si on les classe avec suite et qu'on les ramène dans l'aperçu qu'on a du plan général : on aura alors tout un abrégé lumineux. Et ce n'est pas là une reconstruction conjecturale, c'est une restauration approximative.
Ch.-A. SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 3, 1848, p. 348.
24. Notre père avait une grande pitié des hommes. Il ne les croyait pas très raisonnables; leurs erreurs, quand elles n'étaient point cruelles, l'amusaient et le faisaient sourire. La croyance en Putois l'intéressait comme un abrégé et un compendium de toutes les croyances humaines.
A. FRANCE, Crainquebille, Putois, Riquet, 1904, p. 75.
25. ... l'homme retrouve les signes de l'homme et l'abrégé de l'ancien savoir, et le code aussi de l'esclavage humain, propre à ces contrées.
ALAIN, Propos, 1927, p. 740.
26. ... il reste justement un bréviaire de l'esprit, un abrégé savant de la doctrine chrétienne, une œuvre de théoricien et de philosophe. Dans les classes de philosophie, les élèves d'ailleurs travaillent sur les textes d'Aristote...
R. BRASILLACH, Pierre Corneille, 1938, p. 29.
Rem. On notera que abrégé est associé à compendium (ex. 24) ou bréviaire (ex. 26) et tend à devenir leur synon. gén. appréc.; valeur légèrement péj. dans l'ex. 21.
3. Emploi techn., MUS.
a) Dans l'orgue :
27. Abrégé, Registres, Boutons. Dans les orgues, l'abrégé est un mécanisme qui transmet le mouvement des claviers aux soupapes des sommiers respectifs.
ROUGNON 1935, p. 211.
b) Partie de la mécan. utilisée dans les beffrois avec carillon.
Prononc. :[]. Enq. :/1/.
Étymol. — 1. 1305 « rédaction réduite d'un écrit » (J. RICHARD, Comtesse Mahaut, 100 ds QUEM. : Pour l'abregié des croniques desdis rois de France enluminez et pour le parcemin); 1348 « mémoire, relevé (d'un compte) terme jur. (Arch. de l'Hôtel de v. de Reims, plaids en baillie et prévôté, III, fol. 211 ds Arch. adm. de Reims, II, 2e p., 1177 : Aubris Bernars a baillié son abregié de ses despens contre Aubin Chiffet. Ledis Chiffés s'en est rapportez à la taxation de la court); 2. 1452 « action de rendre plus court (un parcours) » terme gén. (GREBAN, Myst. de la Passion, Ars. 6431, fol. 275a ds GDF. : Nous avons fait grant abregé De cheminer).
Substantivation du part. passé de abréger, cf. 1 avec abréger 2 et 3, cf. 2 avec abréviation 2.
HISTORIQUE
I.— Disparitions av. 1789. — A.— « Mémoire, relevé » (d'un compte), 1 seule attest. XIVe s. ds étymol. 1. B.— « Action de rendre plus court », 1 seule attest. 1452 ds étymol. 2. C.— « Abréviation »; apparu pour la 1re fois ds FUR. 1701, repris par la série des Trév., il disparaît au XIXe s. au profit de abréviation ou même de abrégement : Abrégé, signifie aussi abréviation, retranchement de quelques lettres dans un mot pour écrire plus promptement, et en moins d'espace. Il est malaisé de déchiffrer les abregez qui sont dans les bulles, et les signatures de la Cour de Rome. PELLISSON (Fur. 1701). — Rem. Il ne reste de ce sens disparu que l'expr. figée écrire en abrégé.
II.— Hist. des sens attestés apr. 1789. — Abrégé est d'abord attesté en parlant d'un texte ou d'un discours (cf. aussi abréger). A.— Sém. B 2 « présentation réduite d'un écrit ou d'un discours », 1re attest. 1305 (cf. étymol. 1), grande stab. jusqu'au XXe s. bien qu'il n'y ait pas d'attest. pour les XVe et XVIe s. Déb. XVIIe s. : Tantost est substantif et signifie epitome et reduction sommaire, et un brief d'un escrit, Selon ce on dit, l'Abbregé des chroniques de France. NICOT 1606. Fin XVIIe s. : C'était un abrégé de toute la loi. BOSSUET, Hist, II, 3 (Littré). XVIIIe s. : Sommaire, épitome, raccourci, discours dans lequel on réduit en peu de paroles ce qui est ailleurs plus ample et plus étendu (...). Mézerai a fait l'abbrégé de sa grande Histoire en trois volumes in quarto. Trév. 1752. — Rem. Loc. adv. en abrégé (cf. aussi sup. I B, rem.) « sommairement en peu de paroles ». 1re attest. ds RICH. 1680; Ac. 1694 cite (mettre) par abrégé, comme var. de (mettre) en abrégé. B.— « Représentation du monde en petit », XVIIe s. (1re attest. ds RICH. 1680). (BRUNOT, VI, pp. 1082-1084). Perman. jusqu'au XXe s. XVIIe s. : On dit aussi, un Abregé des merveilles du monde, quand on veut bien louer une chose, ou une personne qui a toutes sortes de perfections, et où on trouve tout ce qu'on peut voir de beau ailleurs. Paris est un Abregé de merveilles. L'homme est appelé microcosme, pour dire, un abregé de l'Univers. FUR. 1690. Voici l'abrégé de la sagesse et de la folie. D'ABLANCOURT, Luc. (Rich. 1680). XVIIIe s. : Les Anglois disent que Londres est l'épitome, ou l'abbrégé du monde. Trév. 1752. C.— Sens techn. (cf. déf. ds sém. 3 a). 1re attest. ds FUR. 1690, perman. jusqu'au XXe s. : Abrégé, en termes d'Organistes, se dit d'une certaine réduction des touches du clavier de l'orgue, qui a été inventée, afin que chaque touche qui n'a que deux pieds de long se rapporte à chaque sous-pape des sommiers, qui sont longs de 4. 5. ou 6 pieds (...). Ont [sic] connoît que les abregez sont bien faits, lors que le clavier n'est point tardif à donner le vent aux tuyaux, lors qu'il se ferme aisément, et qu'il n'est pas besoin d'enfoncer beaucoup les touches. FUR. 1690.
STAT. — Fréq. abs. litt. :356. Fréq. rel. litt. :XIXe s. : a) 941, b) 436; XXe s. : a) 332, b) 276.
BBG. — Éd. 1913. — Gramm. 1789. — MARCEL 1938. — ROUGNON 1935. — SÉGUY 1967.

abrégé [abʀeʒe] n. m.
ÉTYM. 1305, abregié; du p. p. de abréger.
———
I
1 Écrit ou discours réduit à un bref exposé, aux points essentiels. Résumé; abstract (anglic.), digest (anglic.), plan, schéma, sommaire; (didact. ou vx) compendium, enchiridion, épitomé. || Faire, rédiger un abrégé d'une discipline. || Abrégé analytique. Analyse. || Un abrégé satisfaisant, excellent. || Un abrégé des thèses de X. || Abrégé partiel. Extrait.
1 Dans des temps d'ignorance, l'abrégé d'un ouvrage fait souvent tomber l'ouvrage même.
Montesquieu, l'Esprit des lois, XXVIII, 10.
2 Hé ! finissez, rimeur à la douzaine !
Vos abrégés sont longs au dernier point.
Ami lecteur, vous voilà bien en peine;
Rendons-les courts en ne les lisant point.
J.-B. Rousseau, Épigrammes, II, 12.
Par ext. Petit ouvrage présentant le résumé d'une connaissance, d'une technique. Aide-mémoire, compendium, condensé, élément(s), précis, rudiment(s). || Un abrégé de chimie publié au début du siècle. Manuel. || Abrégé de sciences naturelles à l'usage des classes terminales.
2 (XVIIe). Littér. Représentation en petit, image en raccourci. Raccourci, réduction. || Voir dans l'homme un abrégé du monde. Microcosme.
3 Le peuple juif est un abrégé symbolique de la race humaine.
Chateaubriand, le Génie du christianisme, in Littré.
3 Loc. adv. En abrégé : en raccourci; avec très peu de signes, de mots; en résumé, en passant sur les détails. || Mot en abrégé ( Abréviation). || Écrire en abrégé (→ Style télégraphique). || « Voici, très en abrégé, un spécimen de ma polémique… » (Chateaubriand).
———
II (1690). Techn. Mécanisme qui, dans les orgues, transmet le mouvement des touches.
CONTR. (De I.) Développement. — Amplification. — Grand (en); détail (en), longuement.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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